Mireille est une jeune femme dans la fleur de l’âge, belle comme un ange et douce comme le coton. Quand elle parle, elle s’excuse d’être là, de devoir demander de l’aide. Mireille avoue à demi-mots qu’elle vient me voir car elle ne peut pas avoir d’enfant, son corps ne veut pas alors qu’elle se sent prête. Le regard fuyant, elle s’excuse encore une fois de devoir demander de l’aide pour quelque chose qui est naturel.

Ce visage tourné vers ses pieds, sa voix qui a du mal à sortir quand elle doit exprimer son mal-être du moment. Oui, elle a décidé de passer par la Procréation Médicalement Assistée, après des années d’essais infructueux et de fausse-couches qui ont anéanties sa lueur d’espoir. Elle attend de moi du soutien, de l’aider à ne pas avoir peur de ce parcours semé d’embauches, physiquement et psychologiquement dur pour ces couples. Le stress l’envahit et la peur d’être à nouveau déçue a raison de ses dernières murailles : elle fond en larmes. Des flots l’inondent, retenus depuis tellement de temps, trop longtemps.

Alors je l’ai aidée, à ma façon. Je l’ai accompagnée pour que ce parcours lui soit moins pénible, moins stressant. Nous avons partagé ces moments où l’émotion la submergeait, la libérant de tant de culpabilité qu’elle s’était imposée. Nous avons fait en sorte que ces épisodes de pertes de bébés soient moins lourds à porter. Elle a à nouveau le sourire et elle recontacte celle qu’elle était, celle qu’elle est.

Aujourd’hui Mireille revient me voir mais pour autre chose. Elle est rayonnante, lumineuse, elle a un sourire qui a donné envie au soleil de se cacher tellement elle lui fait de l’ombre. Aujourd’hui elle ne regarde plus ses pieds, elle ne peut plus : un petit être grandit dans son ventre rond ! Elle voudrait savoir s’il a bien vécu sa conception, malgré toutes les péripéties de ses parents. Je lui souris et la fait entrer, donnons la parole à ce bébé tant attendu !

Mireille m’a maintes fois remerciée pour le travail que nous avons effectué autour de ce parcours mais je n’ai été qu’une accompagnante. Le travail, c’est elle qui l’a fait, je n’ai fait que la guider pour trouver les clés. Saurez-vous trouvez les vôtres ?

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